PERIPLE & PEUPLEMENT POLYNESIEN

INTRODUCTION
A fari’i mai na
I te reo
Te reo no te ano tau
Te reo o te motu
Hou te patu raa a’ai, Te mau ari pô,
Te tamau a’au, Te mau orero
Bien avant tout récit et toute mémoire
Hou te Va’a vaevae, Te va’a mata’eina’a
Bien avant la navigation des pirogues et la marche des hommes
Hou te tuatapapa, Te aufau fifi, te papa upe’a, Te papa hua’a
Bien avant le périple généalogique des découvreurs polynésiens
Pour qui sont-ils partis de l’Ouest et mettant le cap sur l’Est
S’aventurer sur la mer, sans satellite, sans boussole, ni sextant dans l’espoir de rencontrer une terre serait quasi-nul, si aujourd’hui les polynésiens ignorent eux-mêmes l’existence du Triangle Polynésien.
Pourtant, îles volcaniques ou atolls coralliens de Samoa à Rapa Nui de Hawai’i à Aotearoa, ils ont su donner un nom à chaque terre émergée.
Les terres polynésiennes n’avaient pas de nom, car la voix humaine ne s’y était pas posée,
Elle n’avait pas qualifiée les caractères du sol, de l’air, de la poussière et de la mer.
Désormais, elles sont toutes reliées entre elles par le sillage d’une pirogue, par l’évocable
d’une culture, par les visages de ceux qui savaient lire dans le ciel (l’Avei’a) le chemin d’étoiles.
Quelle est l'origine du peuple polynésien ?
Comment expliquer qu'un peuple ait pu parcourir des distances phénoménales à travers le Grand Pacifique et arriver quelques siècles plus tard en Polynesie à des milliers de kilomètres de tout continent, avec comme seul moyen de navigation des pirogues ?
Pour entrer dans l'aventure polynésienne, il faut visualiser l'immense espace d'un océan sur lequel sont disséminées de minuscules îles.
Vingt siècles furent nécessaires pour les découvrir avec l'aide des dieux et des étoiles.
Nous évoquerons ici les îles qui sont situées sur une surface que l'on définit comme le Triangle Polynésien dont les sommets sont Rapa Nui, Hawaii et Aotearoa.
Depuis des millénaires, les polynésiens sont aussi des bâtisseurs de pierres et ils ont laisser comme trace de leurs périples, les trois (3) éléments culturels fondamentaux par l’instauration de multiples « Marae »
- des espaces publics de réunion
- des plates formes cérémonielles
- des pierres dressées
Concernant la migration polynésienne dans les trois extrémités du Triangle polynésien, nous croyons que nos « Tupuna » (ancêtres) voyagèrent sur des pirogues à doubles coques, il y a deux mille ans.
Nous dédions nos performances à nos « Tupuna » nos ancêtres qui partirent sur la mer afin de peupler le Triangle Polynésien. Leur vision, leur foi, leur courage et ingéniosité qui leur permirent de prospérer dans leurs îles pendant des millénaires, doivent aussi nous inspirer dans notre entrée au 21ème siècle.
Les liens qui nous unis n’est qu’une petite part du grand rassemblement des peuples de la Polynésie, une réunion de toutes les familles voyageuses du Grand Océan tout en gardant au sein du Va’a, les grandes valeurs du Grand Fe’e, telles que : Paix, Bonté, Unité.
Dans un nombre important de croyances, c’est l’élément aquatique qui est considéré comme la matrice de l’univers.
Les généalogies et les histoires traditionnelles avec les conclusions des recherches scientifiques sont toutes en faveur de supporter la croyance que 400 ap J.C , Rapa-Nui fût d’abord peuplé ensuite 500 ap J.C Hawai’i et enfin Aotearoa 800 ap J.C par des polynésiens qui vinrent depuis un groupe d’îles qui inclurait les îles de la Société et les Marquises.
Les liens uniques entre la langue et la culture Ma’ohi semblent créer une relation spéciale que nous commençons juste à apprécier.
Comme tous les natifs du Triangle Polynésien, nous croyons qu’en représentant le peuple Ma’ohi dans des échanges culturels, éducatifs et économiques, nous créerons une vision mondiale qui nous permettra de survivre collectivement.
Une histoire orale
Toute la richesse du peuple de la mer se communiquait grâce à l'attention que l'on portait aux prêtres. Chaque famille possédait un passé. De génération en génération, l’Histoire et la Connaissance étaient ainsi transmises oralement.
Cette tradition orale était imprégnée du caractère secret relatif a la connaissance des origines, des dieux.
Les chants poétiques permettaient aux ancêtres polynésiens ou "tupuna" de transmettre leur histoire et leur expérience à leurs descendants. Cette littérature orale, extrêmement riche, traite de tous les aspects de la vie matérielle et spirituelle : la généalogie des familles, l'origine des mythes et l'organisation de la vie quotidienne.
Le roi avait avec lui la caste des prêtres qui organisaient l'école de la tradition. Ceux qui étaient doués d'une étonnante mémoire étaient formés. Lors de la cérémonie funéraire d'un chef, son histoire était rapportée. Lors de la naissance d'un aîné, l'histoire du clan permettait de situer la place de l'enfant et son rôle dans la communauté. Des personnes étaient désignées pour garder la "mémoire" du peuple. Elles devaient réciter à haute voix toute la généalogie du "arii". Pour mémoriser les noms des différents ancêtres, elles s'aidaient de tresses et de baguettes.
La tradition des fêtes allait être également fondée sur la mémoire car en elle se trouvait ce qu'il y avait de plus fondamentale à toute culture : une identité.
Les danses étaient également un moyen d'expression, un langage. Les mouvements des mains, des hanches et des pieds pouvaient décrire des situations et des lieux.
Le peuplement de ces îles par l'homme est avant tout une grande aventure, et un exploit unique dans l'histoire de l'humanité.
Cela a suscité et suscite encore de nombreuses questions.
D'où viennent-ils ? Comment ont-ils pu voyager aussi loin ?
Partons à la découverte des polynésiens ...
L'art de la navigation et le pouvoir des dieux.
Depuis donc plusieurs millénaires, le peuplement de la Polynésie repose sur l'art de la navigation et une grande connaissance de l'océan et du ciel.
Sur des gigantesques pirogues aux voiles triangulaires, les maîtres de la navigation scrutaient l'horizon avec attention. Ils utilisaient les vents, les courants marins, les ciels de jour. La nuit, des champs d'étoiles s'élevaient à l'avant des pirogues. Les maîtres de la navigation et les prêtres de l'océan s'y tenaient et observaient scrupuleusement les lignes respectives du ciel nocturne.
Ils observaient également les migrations d'oiseaux et la nature environnante. Ils reconnaissaient la proximité d'une terre à l'aspect que prennent les nuages lorsqu'ils passent au-dessus d'elle, et à la présence sur l'eau de débris végétaux.
Les connaissances de la navigation se reposaient donc en partie sur le visuel.
Mais ils comptaient grandement sur les forces et les pouvoirs de leurs dieux.
Les différentes étoiles étaient mémorisées par les chants traditionnelles et des noms leurs étaient attribués.
Il a donc fallu beaucoup de temps pour la colonisation de toutes les îles, des centaines voire des milliers d'années. Les techniques de navigation se devaient d'être fiables et précis : il fallait savoir se repérer et surtout ne pas se perdre dans cette immense océan. Pour une question vitale, les hommes qui composaient chaque expédition devaient savoir revenir au point d'origine. Il fallait aussi avoir une grande capacité d'adaptation technique et socioculturelle une fois l'objectif atteint.
Jusqu'aux îles des Samoa , des minuscules terres se trouvaient sur le parcours. Mais les étapes suivantes sont vers "l'inconnu", "l'inaccessible" sur l'échelle d'hommes et de femmes qui croient en de terres sacrées, en "l'espace des dieux".
Les prochaines étapes de ce fantastique périple sur l'océan allaient toutes être célèbres : Les Marquises, Tahiti, Rapa Nui, Hawaii et Aotearoa.
Les polynésiens allaient être les derniers et les plus grands découvreurs de terres vierges de notre planète. Leur destiné serait de vivre le plus isolé du monde. Cet isolement les a certainement convaincu à repousser les limites de cet espace et à aller à la rencontre des promesses des dieux en recherchant leurs terres.
Toutes les îles du Pacifique ont ce même regard sur l'univers.
Leurs habitants restaient constamment reliés à la puissance divine. Ils étaient dans un monde plus proche du ciel, tout en étant loin des grandes terres. Aucune exploration ne pouvait se concevoir sans l'aide de leurs dieux.
L'Océan ne leur faisait pas peur.
Bien au contraire. Il était le support de toutes les découvertes, il était vénéré.
Poussés donc par cette envie de connaître l'espace infini de leur univers, ces navigateurs allaient en vingt siècles peupler entièrement toutes les parcelles de terres du Pacifique, sous le regard attentif de leurs "atua", leurs dieux. Les distances qui séparent ces îles sont immenses.
On ne connaît malheureusement pas les raisons de tels voyages.
Le premier contact avec les européens fut aux 18 ème siècle. Ces derniers se demandèrent par quels miracles ont pu arriver ces hommes et ces femmes sur ces minuscules terres au milieu d'un immense océan dont les cartes n'étaient pas encore tracées. Cette fascination fut retranscrite dans leurs journaux de bord respectifs. Des ouvrages furent édités. Ceux-ci furent le vecteur du mythe polynésien dans différents pays du monde, un mythe encore vivant de nos jours.
Les polynésiens gardaient secrètement un morceau de cerveau corallien sous leur place dans la pirogue. Le cerveau corallien représente le dieu marin dont l'aide est invoquée pour une traversée sûre.
Polynésien, qui es-tu ? D'où viens-tu ?
Des chercheurs se sont penchés sur la question ...
Les îles du Pacifique
- L'incroyable conquête
Les théories sur l'origine des Polynésiens proviendrait-il du continent américain, dont les courants et les vents se dirigent vers l'ouest ?
Cette théorie fut supposée par l'anthropologiste et explorateur norvégien.
Le Kon Tiki était un grand radeau construit sur le modèle d'anciennes embarcations péruviennes. L'ensemble était composé de neuf tronçons de balsa. Un équipage de six hommes navigua sur ce radeau de Callao, au Pérou, le 28 avril 1947 et atteignit l'île de Raroia dans les îles des Tuamotu en Polynésie après 101 jours de mer.
Ce voyage réussi de 6920 km prouva que les îles de Polynésie étaient accessibles avec ce type d'embarcation préhistorique en provenance d'Amérique de sud.
Un documentaire de voyage gagna un oscar en 1951 et le livre de l'expédition fut traduit en plus de 66 langues.
En 1955, il fit une autre expédition cette fois à l'île de Pâques et dans l'est de la Polynésie. L'expédition fut financée par le roi Olav V de Norvège. Les archéologistes de Heyerdahl découvrirent que les fameuses et gigantesques statues, les Moai avaient en fait une partie "sous terre". Sur l'une des statues, les fouilles révélèrent la présence d'une embarcation faite de papyrus avec un mât et une voile. L'expédition révéla également une statue d'un type inconnu, mais qui ressemblait dans son style à certaines statues trouvées en Amérique du sud.
Les analogies linguistiques entre les langues polynésiennes et amérindiennes sont cependant faibles. Quant aux contacts entre ces deux peuples, ceux-ci sont toutefois indéniables. Les découvertes importantes de Heyerdahl le prouvent et les récits des premiers navigateurs Européens nous disent qu'ils trouvèrent dans les îles polynésiennes de la patate douce, originaire d'Amérique ....
La théorie des migrations en provenance d ' Asie du sud-est semble elle, plus directe : les similitudes ethnolinguistiques existent entre les peuples d' Asie et ceux de Polynésie . Les fouilles récentes d'archéologie ont révélé que les peuples qui colonisèrent le Pacifique ont laissés de nombreux vestiges au fil de leurs déplacements vers des îles plus à l'est de l'Asie. Les plantes alimentaires des Polynésiens (exceptée la patate douce) proviennent toutes de cette même région.
Les vents marins du Pacifique soufflant le plus fréquemment d'est en ouest allaient favoriser les explorations qui se faisaient contre les alizés. Cela permettait aux navigateurs de revenir plus rapidement et d'être sûr d'avoir assez de vivre. Toutefois, à une certaine période de l'année, les vents s'inversent pendant quelques semaines soufflant alors d'ouest en est. Les migrations se faisaient certainement à cette époque, ce qui pouvait raccourcir les temps de navigation.
Pour compléter ce système de repérage des cartes marines existaient. On en a découvert dans les îles Marshall. Elles étaient faites de baguettes entrecroisées. Des bouts de bois et de corail étaient rattachés pour désigner soit les îles, soit les axes des étoiles.
Les premiers européens à découvrir cette contrée du globe ont été stupéfaits de constater que certaines pirogues qu'ils utilisaient lors de grands voyages pouvaient atteindre jusqu'à 30 mètres de long et 2 mètres de large, et pouvaient accueillir près de soixante personnes. La robustesse de ces embarcations permettait d'affronter les plus rudes tempêtes. Ces pirogues étaient souvent munis d'un pont fixé entre les deux coques, formant une sorte de catamaran, permettant d'accroître la charge et d'une voile en nattes tressées de pandanus.
Grâce à cet outil indispensable, les migrations vers les différents archipels océaniens ont pu s'effectuer.
Une grande pirogue de ce type a été construite il y a quelques années pour tenter de relier les îles Hawaii aux îles de la société en Polynésie Française. Baptisé, la grande pirogue quitta pour la première fois l'archipel des îles Hawaii en 1976. La traversée dura 33 jours bouclant 4000 kilomètres. Un autre voyage s'est effectué en juillet 1992 parcourant l'Océan Pacifique en 28 jours.
D'après les données recueillies grâce à Hokulea, on estime que les polynésiens pouvait parcourir près de 200 km par jour en temps favorable.
Le mouvement migratoire a dû s'effectuer en plusieurs étapes successives : tout d'abord les voyages vers la Micronésie (archipel des Marriannes, des Marshall et des Carolines), ensuite la Mélanésie (Nouvelles Guinée, Salomon, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Fidji) et enfin la Polynésie.
A partir de ce point, ils seraient repartis vers d'autres destinations lointaines: les îles Rapa Nui, Hawaii et Aotearoa (les sommets de ce fameux "triangle polynésien").
Après de longs siècles, l'ensemble des îles de la Polynésie sera peuplé.
Selon des études récentes d'archéologie, l’histoire de la Polynésie, la partie centrale, remonterait à environ 2000 ans, une époque où les premiers navigateurs auraient déjà colonisés l'archipel des Marquises .
Si ces 2 théories ont longtemps opposé les spécialistes en anthropologie, il en est une qui devrait attirer une attention particulière :
Selon la théorie de la tectonique des plaques, les plaques terrestres de nos continents se seraient déplacées doucement au fil du temps pour arriver au stade que l’on connaît aujourd'hui. Ces mouvements des plaques de la couche terrestre ont engendré de nombreux changements métaphysiques. La vie animale, végétale et même les hommes se sont petit a petit acclimaté à leur environnement. Ainsi nous savons que certaines espèces animales ou végétales proviennent d'un lieu autre que celui ou ils se trouvent.
L'homme et la nature y sont bien sûr pour quelque chose : voyages, culture des terres, vents, marées....
Mais ce mouvement successif des plaques terrestres nous éloigne également de la connaissance exacte des lieux où les continents prenaient leurs points d'origine et surtout la course exacte de leurs dérives.
D'après Robert Argod (Nouveau regard sur les migrations polynésiennes - La plus grande aventure maritime de tous les temps - éd. Haere po no Tahiti ), un bout de ces continents, en l'occurrence ce que nous nommons aujourd'hui l'antarctique, se trouvait jadis quelque part dans le pacifique sud avant de prendre place au pole. Mais sa théorie des mouvements des plaques terrestres est néanmoins pertinente :
Les continents se seraient déplacés en mouvement progressif dans le temps mais à certaines occasions, ces mouvements auraient été plus rapide, on parlerait non plus en milliers d'année, mais en siècles. Alors que l'antarctique se trouvait encore dans le sud du pacifique et jouissait d'un environnement encore idéale à la vie, le changement progressif du climat dû à sa dérive vers le pôle aurait mis en danger la vie de ses habitants et aurait engendré un mouvement migratoire de la population autochtone vers d'autres lieux habitables.
Si les deux précédentes théories que nous considérerions comme "logiques" sur l'origine des polynésiens nous laissent perplexes, elles n'apportent aucunes réponses exactes aux questions suivantes :
Si les peuples de Polynésie venaient d'Amérique du sud, pourquoi n'ont-ils pas emporté avec eux de l’or et de l’argent, lesquels étaient considérés déjà comme métaux précieux ? Pourquoi seulement des patates douces ?
"Pourquoi un peuple courageux, fort et guerrier aurait-il dû fuir un continent vaste et riche pour une aventure folle : contre le vent, avec des espaces vides, des îlots sans eau et sans terre arable pour cultiver taro , patates douces, ignames, fe’i , et bananiers... " ?
Si ils étaient venus d'Asie du sud-est, pourquoi n'ont ils pas emporté le riz, base alimentaire de la culture asiatique ?
"Dans quels but auraient-ils quitté un pays dont ils connaissaient les ressources pour une destination lointaine et inconnue, au risque d'y laisser la vie ?
S’il est difficile, sinon impossible de faire venir les polynésiens d'Amérique comme d'Asie, il est impossible de penser que le foyer originel ait été situé au beau milieu du Pacifique, pour rayonner à ses extrémités.
Tout serait évidemment bien simple si l’on pouvait imaginer, quelques part dans le sud du Pacifique, un continent disparu, origine d’une grande civilisation qui aurait rayonné autour de l'Océan Pacifique".
Les questions précédentes chatouillent notre logique et nous poussent à entrevoir d'autres possibilités comme celle décrite par Robert Argod. Il s'appuie également sur plusieurs légendes polynésiennes, qui décrivent en détails de longues nuits sans fin qui pourraient s'apparenter aux nuits polaires. Dès lors, les conditions climatiques devenant de plus en plus difficile, la population entière aurait trouvé refuge sur d'autres terres plus au nord. Ce serait donc pour cette raison principale que les polynésiens partirent et parcoururent le grand espace de l'océan pacifique. Robert Argod s'appuie aussi sur les cartes marines de Piri Re’is (1513) -page 65-, d’ Oronce Fine (1532) -page 67-, Shoener , Mercator , plus récemment James Cook (1773) -page 71- datant du 16 ieme siècle et qui décrivent la “ Terra incognita Australis ” continent au sud-ouest de l'Amérique ..
L’origine des polynésiens reste une question dont les réponses nous sont théoriquement données, reste à nous de les approfondir individuellement ...
Situées à 2000 kilomètre à l'est de Tahiti, les îles Marquises furent peuplés vers le 3ème siècle de l'ère chrétienne. C'est vers la fin du 16ème siècle que l'espagnol Alvaro de Mendana découvre le sud des Marquises, qu'il dédie à la Marquise de Mendoza, épouse du vice-roi du Pérou. Deux siècle plus tard, James Cook, Étienne Marchand et quelques missionnaires anglais viendront tour à tour mettre pied sur ces îles.
Ce qui différenciait la société vivant sur ces îles fut la pratique de l'anthropophagie rituelle, le tatouage raffiné, et le goût inné pour la sculpture, inventée par le dieu Tiki, qui subsiste encore de nos jours.
Il semblerai que ces îles aient joué un rôle important pour la dispersion du peuple océanien vers les sommets que constitue le triangle polynésien :
Rapa Nui
Rapa Nui ou la Grande Rapa. Situé à 4000 km de Tahiti et 3700 du Chili, ce rocher de 24 km sur 16 est un véritable musée en plein air sur lequel veillent les Moaï. Selon la légende, cette île fut abordée par une troupe marquisienne dirigée par Hotu Matua.
Ces hommes ont du faire un très long voyage de près de 3000 kilomètres vers le XIIe siècle. Ils s'installèrent sur l'île en défrichant et en cultivant taro et ignames, bases de la nourriture polynésienne, ainsi que cocotiers et arbres à pain. Mais le climat ne favorisait pas la croissance de ces dernières.
L'île ne disposant pas de barrière de corail, les sorties en mer pour les pêcheurs se faisaient rares cela dû à la forte houle qui se rabattait sur la côte.
A l'origine, l'île de Pâques était recouverte d'une luxuriante forêt, suffisante pendant un moment pour nourrir de ses fruits une population entière. Le bois et les fibres végétaux étaient employés pour la confection de diverses outils, de nattes; de cordages et des leviers qui servirent notamment pour eriger les Moai. Mais la déforestation progressive de l'île allait engendrer bien des problèmes à la population locale.
Ainsi, quand les premiers découvreurs européens atteignirent les cotes de l'île, quelques survivants seront là pour l'accueillir. Cook croira plus tard que l'île a été victime d'un cataclysme tant le contraste avec le reste de la Polynésie s'impose, les guerres inter-tribales n'arrangeant rien.
La tradition oral a transmit la légende de "l'homme-oiseau qui peupla l'île" jusqu'à nous, mais ce culte fut imposé par les prêtres de l'île pour une solution ultime aux guerres. Mais cela n'empêcha pas la famine de sévir. Le coup de grâce tombera du Pérou : l'exploitation de l'or blanc, le guano, nécessite une main d'oeuvre importante.
Plus de 1000 personnes sont ainsi déportés en 1862, y compris le chef de l'île et les prêtres. Ils mourront en esclavage...
La France obtient, trop tard, le rapatriement de quelques survivants. C'est ainsi que disparut la mémoire de l'île, une culture extraordinaire, dont les Moai, ces statues géantes nous livrent sa force et son courage. C'est peut-être aussi la seule en Polynésie qui développa une forme d'écriture : les tablettes de Rongorongo ....
Les Moaï peuvent peser près de 30 tonnes et continuent d'alimenter un certain mystère quant à leur mise en place. La taille de ces colosses est impressionnante.
Les pascuans nomment leur île : Te Pito O Te Henua (le nombril du monde). L'île de Pâques fut la dernière étape de la conquête de l'est du Pacifique par les polynésiens.
L'île fut découverte par le navigateur hollandais Jacob Roggeveen en 1722 et déclare à propos des Polynésiens :
Cook y arrive le 17 mars 1774 et déclare lui aussi:
"Il est extraordinaire que le même peuple soit disséminé dans toutes les îles de ce vaste océan ce qui représente presque le quart de la circonférence du globe."
Hawai'i
Cet archipel fut la dernière étape située à l'extrême nord de la Polynésie.
Les premiers occupants seraient des Polynésiens arrivant des îles Marquises qui accostèrent entre 500 et 800. Des fouilles, effectués dans les différentes îles hawaïennes, ont mis à jour des outils comparables à ceux trouvés aux Marquises, ce qui confirmerait cette hypothèse. Les Polynésiens qui peuplèrent successivement les îles Hawaii partageaient les mêmes racines linguistiques et culturelles, et possédaient des traditions, des usages culinaires et une mythologie semblable.
Pour atteindre cet archipel, les navigateurs se fixaient principalement sur deux étoiles : Sirius, la plus brillante dans le ciel et Arcturus, que l'on distingue par sa clarté rougeoyante à la pointe de la Grande Ourse. En étudiant la trajectoire que suivait Sirius à cette époque, les astronomes ont en déduit que l'étoile a dû mener directement les explorateurs de Tahiti et des îles alentours à Hawaii. Arcturus évolue au nord de l'archipel hawaïen, mais sa course passait autrefois au dessus de l'île de Kauaï.
Aotearoa
En rencontrant le continent américain, les polynésiens étaient arrivés à la limite de leur recherche à l'est. Un retour à l'ouest s'est donc effectué et ils atteignirent les côtes de la Aotearoa vers 800.
Cette grande terre fut nommée jadis "Aotearoa" (le pays du long nuage blanc).
La légende raconte que le dieu Tane sépara son père et sa mère en laissant s'engouffrer le vent : Aotearoa était né. Il décora le ciel du soleil, de la lune et des étoiles, et la terre d'une parure magnifique de plantes et d'animaux, inondant ainsi le nouvel univers de couleurs et de lumière. Les larmes du chagrin des parents-dieux firent naître les océans et les lacs aux eaux turquoises ...
Dernière mise à jour de cette page le 11/03/2006